Le cinéma perd une figure mythique. Lea Massari, l’une des grandes dames du 7e art européen, s’est éteinte à l’âge de 91 ans. L’actrice italienne, inoubliable dans L’Avventura de Michelangelo Antonioni ou Le Souffle au cœur de Louis Malle, est morte lundi 23 juin 2025 à Rome, comme l’ont annoncé plusieurs médias italiens ce mercredi.
Née Anna Maria Massetani en 1933 à Rome, elle avait pris son pseudonyme en hommage à son fiancé disparu tragiquement peu avant leur mariage. C’est ce drame intime qui marquera le début d’une carrière lumineuse, aussi exigeante que discrète.
Une carrière entre Rome et Paris
Lea Massari, c’était l’élégance à l’italienne, mais aussi cette aisance rare dans la langue française qui lui a ouvert les portes du cinéma hexagonal. On l’a vue chez Claude Sautet (Les Choses de la vie), Louis Malle (Le Souffle au cœur), Henri Verneuil (Peur sur la ville), Claude Pinoteau, Michel Deville… La liste est longue et prestigieuse.
Au total, elle aura tourné plus de 50 films, sans compter les séries et téléfilms, en Italie comme en France. Actrice complète, elle n’hésitait pas à accepter des seconds rôles si le scénario ou le réalisateur en valait la peine. Elle savait se faire magnétique sans jamais surjouer.
Une disparition en toute discrétion
Lea Massari s’était retirée du public depuis les années 1990. Celles et ceux qui l’ont connue parlent d’une femme aussi modeste que brillante, cultivée, très attachée à sa liberté. Elle vivait dans la discrétion la plus totale, entre Rome et la campagne, loin des projecteurs.
Selon ANSA, l’actrice serait décédée à la suite d’une chute à son domicile, dans le quartier Parioli. Une cérémonie privée s’est tenue dans la cathédrale de Sutri, au nord de Rome, ce mardi.
Une pluie d’hommages
Lucia Borgonzoni, secrétaire d’État à la culture italienne, lui a rendu hommage, saluant « une actrice au magnétisme irrésistible et au talent fulgurant ».
Sur les réseaux, de nombreux cinéphiles italiens et français pleurent cette comédienne unique, capable de naviguer entre le drame, l’intime et le populaire, sans jamais trahir sa sensibilité.





