La pochette de Sabrina Carpenter fait polémique : stratégie provoc ou soumission au male gaze ?

la Rédaction

Sabrina Carpenter crée la controverse avec la pochette de son nouvel album, « Man’s Best Friend« , à peine dévoilée. L’image, jugée ultra sexualisée, enflamme les réseaux sociaux. Entre accusations de pick me attitude et défense artistique, le débat divise.

Une image qui fait (trop ?) parler

Annoncé pour le 23 août 2025, Man’s Best Friend, le nouvel album de Sabrina Carpenter, promettait d’être sucré et piquant. La pochette, elle, a surtout déclenché un tollé. L’artiste y apparaît agenouillée, robe courte noire, regard caméra, bouche entrouverte et une main (masculine) tirant ses cheveux. Une mise en scène ultra codée, qui a immédiatement réveillé les critiques.

Sur X (ex-Twitter), les réactions ne se sont pas fait attendre. « Pourquoi elle pose comme un fantasme pour mec de 2007 ? », « On est où là ? Dans un clip de Robin Thicke ? »… Les commentaires pleuvent, et derrière les punchlines, un vrai malaise s’installe.

Une cible bien identifiée : le male gaze

Le reproche majeur ? La photo serait pensée pour séduire les hommes, quitte à sacrifier tout message artistique. Le male gaze – concept popularisé par la critique féministe – désigne ce regard masculin dominant qui réduit les femmes à des objets de désir. Et pour de nombreux internautes, Sabrina Carpenter tombe en plein dedans.

Le terme « pick me » revient en boucle. Cette figure féminine qui cherche à plaire coûte que coûte aux hommes, souvent au détriment des autres femmes. Une posture jugée « rétrograde », voire « désespérée » par certains internautes. Pour une artiste de 25 ans, affirmée, libre et engagée dans le contrôle de son image, la contradiction est brutale.

Les fans montent au créneau

Mais attention, tout le monde ne crie pas au scandale. Une large partie de sa fanbase défend au contraire un geste artistique assumé. Pour eux, la chanteuse joue avec les codes pour mieux les détourner. Une esthétique inspirée des années 2000, entre ironie et hyperféminité revendiquée.

Certains rappellent aussi que d’autres artistes féminines, de Madonna à Miley Cyrus, ont utilisé ce même levier pour provoquer, choquer, et surtout s’imposer dans une industrie encore très genrée.

Ce que Sabrina Carpenter répond à la polémique

Interviewée par Rolling Stone, Sabrina Carpenter n’esquive pas la question.

« J’ai grandi dans un monde où les femmes sont jugées quoi qu’elles fassent. Soit on est trop sage, soit trop sexy. Alors autant être qui je veux, et si ça dérange, tant pis. »

Elle insiste sur la notion de pouvoir personnel et artistique. Pour elle, cette pochette ne cherche pas à flatter un regard masculin, mais à montrer une femme qui sait ce qu’elle veut, et comment elle choisit de se montrer.

Provoc calculée ou maladresse stratégique ?

Reste que la lecture de l’image n’est pas toujours évidente. À une époque où les symboles sont déconstruits à la seconde près, la frontière entre empowerment et marketing peut vite devenir floue. Et même si l’intention est artistique, le public, lui, a le droit de ne pas suivre.

Ce bad buzz pourrait-il nuire à l’image de l’artiste ? Peu probable. Dans une industrie où toute controverse est un levier de visibilité, Sabrina Carpenter pourrait bien tirer parti de cette tempête pour asseoir son positionnement.