Sorti en 2024 et réalisé par Robert Guédiguian, La Pie Voleuse a séduit par son humanité. Mais aussi pour son ancrage marseillais et l’interprétation lumineuse d’Ariane Ascaride. Mais si le film captive de la première à la dernière minute, c’est bien sa conclusion inattendue qui a laissé les spectateurs bouche bée.
Un drame social… qui évite la chute tragique
Maria, 60 ans passés, auxiliaire de vie dévouée mais au portefeuille vide, en vient à voler de petites sommes à ses pensionnaires et à falsifier des chèques pour offrir un piano à son petit-fils. Un geste illégal, certes, mais porté par un amour familial inébranlable.
Alors que tout semble la mener vers la case procès et l’isolement social, la tension monte… jusqu’à ce que Guédiguian prenne tout le monde à revers.
Quand l’amour efface les fautes
Au lieu d’un verdict judiciaire ou d’un dénouement amer, le scénario choisit une sortie… romantique. Dans un twist inattendu, Laurent, le fils de M. Moreau (un des personnages clés de l’histoire), tombe amoureux de Jennifer, la fille de Maria.
Cette idylle improbable désamorce les conflits, stoppe la plainte et, comme par magie, remet toutes les pendules à l’heure.
Un happy end qui divise
Certains spectateurs y voient un acte de grâce : un pardon collectif, une ode à l’amour et à l’humanité, fidèle à l’optimisme social de Guédiguian.
D’autres, au contraire, jugent cette conclusion trop facile, un peu “deus ex machina”. Un coup de fil, une citation de Victor Hugo… et tout est réglé.
Le dernier sourire
Le film se termine sur le visage rayonnant de Maria, baigné de lumière marseillaise. Un plan fixe, presque utopique, qui clôt l’histoire sur une note douce-amère : pas de morale punitive, juste l’idée que l’amour et la compréhension peuvent parfois triompher des règles strictes.
La Pie Voleuse déjoue les attentes avec une fin à la fois tendre, improbable et profondément humaine. Qu’on l’adore ou qu’on la trouve tirée par les cheveux, impossible de la voir venir… et c’est bien là tout l’effet recherché.





