La Nuit du Bien Commun vire au chaos : des policiers blessés et des interpellations… voici ce qui s’est passé

AM.wiss

Ce qui devait être un gala caritatif organisé aux Folies Bergère a viré à une soirée tendue. Entre blessés légers parmi les policiers, jets de boules nauséabondes et interpellations, l’événement piloté par Pierre-Édouard Stérin a été largement perturbé. Les opposants dénoncent une opération politique masquée, les autorités parlent de débordements ciblés.

Un gala “solidaire” qui se déroule sous haute surveillance

Jeudi soir, les Folies Bergère ne vibraient pas seulement pour la charité, mais aussi pour les sirènes et les tensions. La Nuit du Bien Commun, cet événement caritatif fondé en 2017, rassemblait environ 450 personnes. Objectif officiel, récolter des dons pour des associations. Mais depuis plusieurs mois, chaque édition tourne à la bataille culturelle, presque littéralement.

Le milliardaire Pierre-Édouard Stérin, figure de la droite radicale, est à la manœuvre. Autant dire que l’ambiance “gala chic” se heurte régulièrement à une mobilisation de collectifs, de syndicats et d’associations. Cette année, même topo, sauf que l’escalade a été plus intense.

La préfecture avait anticipé. Dispositif renforcé, barrières, contrôle d’accès, double sas avec la manifestation déclarée dans la rue voisine. En bref, un gala sous cloche.

Trois policiers blessés, sept interpellations : une soirée loin du récit caritatif

L’incident le plus marquant, c’est ce tir de mortiers d’artifice depuis le toit de la salle. Trois policiers ont été légèrement blessés, un geste qui a immédiatement fait basculer la soirée dans un climat beaucoup moins feutré que celui annoncé dans les invitations.

Peu après, sept personnes ont été interpellées, soupçonnées de dégradations, rébellion ou participation à un groupement en vue de commettre des délits. Pas vraiment le genre de footnotes qu’on trouve habituellement dans les bilans de galas caritatifs.

Et ce n’était que la première vague d’incidents.

Des boules nauséabondes jetées dans la salle, ambiance surréaliste

Vers 21h, la sécurité interne des Folies Bergère signale un nouveau problème, trois personnes auraient lancé des “boules nauséabondes” à l’intérieur de la salle. Oui, littéralement des projectiles qui sentent la mort, façon attaque d’ado rebelle mais version politique.

Les trois individus ont été remis à la police, dans une atmosphère déjà tendue. À ce stade, difficile de parler d’un simple happening symbolique, on est sur un mélange improbable entre gala caritatif, soirée de donations et scène de sitcom politique un peu dysfonctionnelle.

Barricades, feux et cortège noir : la tension grimpe encore d’un cran

Un peu plus tard, une quarantaine de personnes, pour la plupart masquées et habillées en noir, tentent de dresser une barricade à l’aide de barrières et d’allumer des feux. Un geste clairement plus radical que le simple tractage militant.

Le quartier a basculé pendant quelques minutes dans une ambiance à la fois confuse et prophétique de la fracture politique française, entre rassemblements pacifiques, actions symboliques, et interventions plus musclées. Le calme est finalement revenu vers 23h30.

Un événement devenu symbole : caritatif pour les uns, cheval de Troie politique pour les autres

L’affaire ne concerne plus seulement les participants du gala ou les riverains des Folies Bergère. La Nuit du Bien Commun est devenue un miroir des tensions idéologiques du moment.

D’un côté, un gala qui se présente comme un outil philanthropique moderne. De l’autre, une opposition convaincue qu’il s’agit d’un instrument politique ultraconservateur déguisé en soirée solidaire, en particulier depuis la médiatisation du projet “Périclès”.

Cette dualité fait de chaque édition un marqueur politique autant qu’un événement caritatif, avec une fracture qui semble s’élargir à chaque escale.

La soirée de jeudi l’a confirmé, à Paris comme ailleurs, la Nuit du Bien Commun n’est plus qu’un gala, c’est devenu un front culturel.