Il y a des films qui semblent doux en surface et qui vous tirent par la manche jusqu’à la dernière seconde. Le Bon Plaisir, comédie dramatique française de Francis Girod, est de ceux‑là : théâtre de pouvoir, secrets d’État et une chute qui fait grincer des dents. Retour sur un long métrage culte qui n’a rien perdu de sa charge.
L’histoire d’un secret et d’une lettre volée
Sorti en 1984, Le Bon Plaisir raconte une intrigue politique aussi tendue qu’un élastique prêt à craquer. Claire Després, interprétée par Catherine Deneuve, se fait voler son sac à Paris. Jusqu’ici, rien d’exceptionnel… sauf que dans ce sac se trouvait une lettre compromettante écrite dix ans plus tôt par son ancien amant. Un homme qui, aujourd’hui, est Président de la République française.
Cette lettre pourrait révéler l’existence d’un enfant né de leur liaison, un scandale capable de faire trembler l’Élysée. Dès l’instant où le président est mis au courant, toute la puissance de l’État se met en mouvement pour retrouver le document et étouffer la bombe.
Des personnages pris dans l’engrenage
Le film ne se contente pas d’un simple thriller politique. Le trio d’acteurs Deneuve, Jean‑Louis Trintignant dans le rôle du président, et Michel Serrault en ministre de l’Intérieur. Ce qui donne une dimension humaine à cette histoire de crise d’État.
Aux côtés de ces figures de pouvoir, un jeune voleur nommé Pierre (campé par Hippolyte Girardot) devient un maillon imprévu de la chaîne. Ce voleur, un peu paumé mais curieux, découvre la lettre volée et la confie à un journaliste ami, espérant tirer quelque chose de cette trouvaille.
La fin du film qui secoue
Et maintenant, le moment que tout le monde attend : la fin. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer une révélation tonitruante dans les médias ou un procès politique, Le Bon Plaisir choisit la nuance… et la tragédie.
Alors que Pierre tente de retourner la lettre à Claire en espérant éviter tout scandale, les forces de l’ordre le rattrapent. Il fuit, se fait renverser par une voiture… et meurt. Brutal, presque absurde, cet événement résume la thématique du film : quand le pouvoir se protège, c’est souvent les plus petits qui trinquent.
Le journaliste qui avait mis la lettre à l’abri, déterminé à dévoiler la vérité, garde une copie. Toutefois, même lui va payer le prix fort. Dans cet univers où l’État manipule les fils de l’information, publier un secret d’État n’est pas sans risques.
Un écho inattendu avec la réalité
À sa sortie, Le Bon Plaisir était perçu comme une satire politique tendue et efficace. Mais avec le recul, le film trouve un écho troublant dans la vie réelle. L’histoire d’un président français ayant eu un enfant caché, révélée publiquement bien des années après donne aujourd’hui au film une résonance particulière, presque prophétique.Ce n’est pas un hasard si le roman original de Françoise Giroud, adapté ici au cinéma par Girod, avait été publié chez … éditions Mazarine, clin d’œil implicite à cette histoire vraie longtemps cachée.





