Sorti en 1969, le drame de Claude Chabrol reste un incontournable du cinéma français. Mais c’est surtout sa conclusion qui frappe, glaciale et ambiguë, laissant les spectateurs réfléchir bien après le générique. Que se passe-t-il exactement dans les dernières minutes ? Plongée dans un dénouement intense.
Un huis clos bourgeois qui tourne au drame
Dans La femme infidèle, Chabrol nous plonge dans le quotidien d’un couple bourgeois parisien, Charles et Hélène Desvallées. À première vue, tout semble calme, presque monotone. Mais Charles, joué par Michel Bouquet, nourrit des soupçons sur la fidélité de sa femme. Stéphane Audran incarne Hélène avec une subtilité glaçante, où chaque regard ou silence devient lourd de sens. L’enquête discrète menée par Charles va rapidement révéler la liaison de sa femme avec l’écrivain Victor Pégala.
Ce suspense psychologique typique de Chabrol n’est pas seulement une histoire d’adultère. C’est une étude froide et précise de la bourgeoisie, de ses codes, de ses apparences, et de la manière dont les émotions humaines peuvent exploser quand elles sont comprimées trop longtemps.
La confrontation qui bascule
Le point culminant du film, et celui qui annonce la fin, survient lorsque Charles confronte Victor. Ce moment, tendu et silencieux, est typique du style de Chabrol : pas de musique dramatique, pas de gestes exagérés, juste le poids de la situation et des regards. Dans un accès de rage froide et calculée, Charles tue Victor. Le meurtre n’est pas spectaculaire, mais l’horreur est palpable par sa simplicité et son efficacité clinique.
Le réalisateur utilise cette scène pour montrer combien le basculement peut être brutal, même dans un cadre social apparemment paisible. Le spectateur ressent autant la tension que la tragédie de la situation, une marque de fabrique de Chabrol qui a souvent exploré la noirceur derrière les façades policées.
Le silence lourd du dénouement
La scène finale reste gravée dans les mémoires. Charles enterre Victor dans un étang et tente de reprendre une vie normale, tandis que la police interroge Hélène. Elle devine peu à peu la vérité, mais aucun mot n’est échangé. La dernière image montre le couple face à face, dans un silence glaçant.
Cette fin, ambiguë et maîtrisée, laisse le spectateur avec des questions brûlantes : Hélène va-t-elle dénoncer son mari ? Peuvent-ils continuer à vivre ensemble après un acte aussi terrible ? Chabrol ne répond jamais directement, préférant installer un malaise durable et une réflexion sur la complexité des relations humaines.
Une conclusion encore marquante, des décennies plus tard
Contrairement à beaucoup de drames classiques, La femme infidèle ne donne pas de résolution cathartique. Sa force réside dans sa capacité à montrer les conséquences des choix humains, tout en restant ancré dans le quotidien. La fin du film est un chef-d’œuvre de tension psychologique, où le non-dit devient plus puissant que l’action.
Pour les amateurs de cinéma, cette conclusion est un exemple parfait du suspense à la française, subtil mais implacable. Les critiques et cinéphiles continuent de saluer l’efficacité de cette dernière scène, qui résume parfaitement le génie de Chabrol dans l’étude des comportements et des passions humaines.





