Le tribunal judiciaire de Créteil a rendu son verdict ce mercredi 25 juin 2025 en début de soirée : le rappeur Koba LaD a été condamné à six ans de prison ferme pour homicide involontaire aggravé. L’artiste de 25 ans a été reconnu coupable d’avoir causé un accident de la route mortel, survenu en septembre 2024 à Créteil, alors qu’il conduisait sous l’emprise du cannabis et à une vitesse excessive.
Un drame sur fond d’imprudence
Le 10 septembre 2024, aux alentours de 3 heures du matin, Koba LaD circulait au volant d’une Audi RS4 sur une bretelle d’autoroute à proximité d’une station-service à Créteil, dans le Val-de-Marne. Selon les premiers éléments de l’enquête, le véhicule roulait à vive allure lorsqu’il a percuté de plein fouet un poids lourd à l’arrêt.
À bord du véhicule se trouvaient trois personnes, dont William Dogbey, styliste et ami proche du rappeur, qui a été tué sur le coup. Une femme, passagère à l’arrière, a été légèrement blessée. Koba LaD, quant à lui, s’en est sorti avec des blessures légères.
Les analyses toxicologiques ont révélé la présence de THC, principal agent actif du cannabis, dans le sang de l’artiste. Deux circonstances aggravantes ont donc été retenues par le tribunal : la conduite sous l’emprise de stupéfiants et la vitesse excessive. Ces éléments ont lourdement pesé dans la balance au moment du jugement.
Des excuses, mais une responsabilité partagée ?
Lors du procès, qui s’est tenu toute la journée de mercredi à Créteil, Koba LaD a exprimé ses regrets à la barre. D’une voix posée, il a reconnu ses torts :
« De A à Z, je suis en faute. J’ai perdu un ami, et je vis avec ça tous les jours. »
Des mots forts, mais que le parquet a jugés insuffisants. Le procureur a pointé du doigt une forme de désinvolture dans l’attitude du prévenu, soulignant qu’il n’avait « pas pleinement pris conscience de la gravité de ses actes ». « On a l’impression que M. Loutarila n’a pas compris que c’est lui le prévenu, que c’est à lui qu’on reproche d’avoir tué M. Dogbey », a-t-il déclaré pendant ses réquisitions.
Le ministère public avait requis sept ans de prison ferme, avec maintien en détention, ainsi que l’annulation du permis de conduire et l’interdiction de le repasser pendant dix ans. Le tribunal a finalement retenu six ans ferme et a suivi les réquisitions sur les sanctions complémentaires.
Une récidive judiciaire
Cette affaire n’est malheureusement pas la première pour Koba LaD, de son vrai nom Marcel Junior Loutarila. Le rappeur avait déjà été condamné pour un accident de la route en 2020 à Marseille, dans lequel il avait pris la fuite. Il a également été poursuivi en 2022 pour violences sur son ancien manager, ainsi que pour infractions liées à la drogue.
En détention provisoire depuis neuf mois, l’artiste n’a pas été remis en liberté à l’issue de l’audience. Le tribunal a considéré que le risque de récidive et le trouble à l’ordre public justifiaient son maintien en prison.
Durant l’instruction, plusieurs éléments ont aggravé la situation du rappeur : des téléphones, de la résine de cannabis et une clé USB avaient été retrouvés dans sa cellule, illustrant selon l’accusation un certain mépris pour les règles, y compris en détention.
Une carrière stoppée nette
Figure montante du rap français depuis 2018, Koba LaD a connu un succès fulgurant avec plusieurs disques de platine à son actif. Mais cette condamnation pourrait marquer un point de rupture définitif. Déjà fragilisée par les polémiques, sa carrière risque de ne pas se relever de cette nouvelle affaire judiciaire.
La famille de la victime, présente à l’audience, a salué une décision « juste » et « à la hauteur de la gravité des faits ». L’avocat des proches de William Dogbey a insisté sur le caractère « évitable » de ce drame, rappelant que la victime avait déjà confié avoir peur de monter en voiture avec le rappeur.





