Samedi 14 juin 2025, Pasadena et Altadena ont célébré Juneteenth, jour de mémoire, de fête et de revendication. Dans une atmosphère à la fois festive et grave, plusieurs centaines de personnes se sont réunies pour honorer un moment historique : celui où, le 19 juin 1865, les derniers esclaves noirs du Texas apprenaient enfin leur libération, deux ans après l’émancipation officielle signée par Abraham Lincoln.
Musique, danse et mémoire collective
Organisée sous la bannière du Dena Juneteenth Celebration, la journée a offert une programmation riche mêlant performances artistiques, prises de parole militantes et rituels communautaires. Parmi les temps forts : la prestation électrisante du groupe Mayeya, collectif afro-cubain qui a littéralement enflammé la scène à Altadena.
Des tambours, des chants traditionnels, des danses endiablées… mais aussi des silences lourds de sens. Car si Juneteenth est une fête, elle est aussi un rappel brutal des cicatrices de l’histoire. Comme l’a souligné une organisatrice sur scène :
« On ne peut pas guérir ce qu’on refuse de regarder en face. »
Mais cette année, la commémoration avait un goût particulier : celui de la résilience, après les incendies qui ont récemment ravagé certaines zones du comté de Los Angeles, et dans un contexte de tensions sociales persistantes à l’échelle nationale.
Un feu symbolique… et réel
Difficile d’ignorer, lors de cette édition 2025, les effets encore visibles des incendies récents qui ont touché la région. Si les flammes ont épargné les lieux de célébration, les cendres dans l’air, les visages masqués et les discours des leaders locaux ont tous rappelé que le combat pour la liberté ne se limite pas au passé : il est aussi écologique, social et économique.
Certains intervenants ont d’ailleurs pointé du doigt l’inégalité d’accès aux secours et la lenteur de la réponse dans les quartiers les plus vulnérables.
« No Kings » : une devise de résistance
Un slogan est revenu à plusieurs reprises durant la journée : “No Kings”. Derrière ces deux mots, un message clair : refus de la domination, qu’elle soit politique, religieuse ou économique. À l’heure où beaucoup dénoncent les excès du pouvoir de Donald Trump et son gouvernement oppresseur, la surveillance policière accrue ou la gentrification rampante dans les quartiers historiques afro-américains, Juneteenth devient plus que jamais un acte de résistance contemporaine.
Des pancartes, des t-shirts, des discours ont repris ce cri. Et il n’était pas seulement destiné à l’extérieur : il parlait aussi d’autodétermination, de communautés qui prennent leur destin en main.
Juneteenth, une fête de plus en plus politique à l’échelle nationale
Depuis que le président Joe Biden a officiellement reconnu Juneteenth comme jour férié fédéral en 2021, sa portée ne cesse de croître. Mais avec cette reconnaissance vient aussi une forme de récupération : des grandes marques organisent leurs propres “Juneteenth sales”, certains élus surfent sur la vague… Ce que dénoncent ouvertement plusieurs militants sur le terrain.
Une célébration qui unit, mais qui ne dépolitise pas
À Pasadena et Altadena, les familles sont venues avec des enfants, des grands-parents, des voisins. Il y avait de la nourriture soul food, des stands d’associations, des cours d’histoire improvisés sur des nappes de pique-nique. Mais surtout, il y avait une énergie collective : celle de continuer à se battre pour un monde plus juste.
Alors que le pays traverse une nouvelle phase d’instabilité politique et sociale, le message du Juneteenth 2025 était limpide : Nos voix comptent. Nos luttes continuent. Et notre liberté est à défendre chaque jour.





