Journaliste français condamné en Algérie : ce que l’on sait sur le cas de Christophe Gleizes

AM.wiss

Christophe Gleizes, journaliste français collaborant pour So Foot et Society, a vu sa peine confirmée en appel en Algérie. Arrestation, accusations et réactions : retour sur une affaire qui a surpris le monde journalistique. Derrière les verdicts, quelles implications pour la presse et les journalistes étrangers ?

Un journaliste français face à la justice algérienne

Mercredi 3 décembre 2025, la Cour d’appel de Tizi-Ouzou a confirmé la peine de sept ans de prison ferme à l’encontre de Christophe Gleizes, 36 ans. Arrêté en mai 2024 alors qu’il réalisait des reportages sur la Jeunesse Sportive de Kabylie et une enquête sur la mort d’Albert Ebossé, le journaliste a été jugé pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ».

Malgré ses excuses émouvantes à la barre, où il a reconnu certaines erreurs journalistiques et imploré la clémence pour retrouver sa famille, la justice algérienne a maintenu la sentence initiale. Les proches de Christophe Gleizes, présents à l’audience, ont exprimé leur profonde consternation.

Les raisons de la condamnation

Au cœur de l’affaire, les contacts de Christophe Gleizes avec le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé comme organisation terroriste par les autorités algériennes en 2021. Le journaliste affirme ne pas avoir été au courant de ce classement lors de ses rencontres, notamment celle à Paris en octobre 2021 avec un dirigeant du mouvement.

Son visa touristique, alors qu’il effectuait un travail journalistique, a également été pointé du doigt par la justice. Ses avocats soulignent que ces éléments relèvent d’erreurs administratives et de méconnaissance, et non d’actes hostiles. Néanmoins, le parquet avait requis une peine plus lourde, estimant que ses actions étaient « un acte hostile ».

Réactions et contexte international

La condamnation de Christophe Gleizes a suscité l’inquiétude de la communauté journalistique. Sur RFI, le directeur de Reporters sans frontières, Thibaut Bruttin, a dénoncé une « incompréhension du rôle des journalistes » par la justice algérienne.

En parallèle, certains observateurs espéraient que la décrispation récente entre la France et l’Algérie, notamment avec la libération de l’écrivain Boualem Sansal en novembre 2025, pourrait influer sur l’affaire. Mais la Cour d’appel n’a pas suivi ces espoirs.

Un avertissement pour les journalistes étrangers

Cette affaire rappelle que travailler dans des zones sensibles à l’étranger nécessite une vigilance extrême. Visas appropriés, vérification des contacts, connaissance des contextes politiques et légaux. Même en étant citoyen d’un autre pays, un journaliste reste soumis aux lois locales.

Pour Christophe Gleizes, rester en France pourrait limiter les risques immédiats de détention, mais l’affaire illustre la complexité de l’exercice du journalisme international, où curiosité et sécurité doivent constamment être équilibrées.