Jeremstar arrêté après avoir interrompu une corrida à Nîmes : “48 heures de garde à vue pour avoir dénoncé la barbarie”

la Rédaction

La feria des Vendanges de Nîmes, rendez-vous incontournable de la culture taurine en France, a basculé vendredi soir dans un climat inattendu. L’influenceur Jeremstar, de son vrai nom Jérémy Gisclon, a fait irruption dans l’arène en plein cœur de la corrida d’ouverture. Brandissant une banderole sur laquelle on pouvait lire “F**k la corrida”, il a traversé le sable sous les regards médusés des spectateurs. Quelques secondes plus tard, il était maîtrisé par les agents de sécurité, traîné hors de l’arène, puis placé en garde à vue.

Cet épisode, digne d’un happening militant, n’a pas tardé à faire réagir. L’ancien chroniqueur télé, suivi par des millions d’abonnés sur les réseaux, n’en est pas à son premier coup d’éclat médiatique. Mais cette fois, il s’est attaqué de front à l’une des traditions les plus controversées du sud de la France.

Une action orchestrée avec PETA

Jeremstar n’était pas seul. Deux autres activistes, vêtus de t-shirts blancs barrés d’un “No Corrida” rouge, ont également pénétré dans l’arène. Tous trois agissaient en lien avec PETA France, organisation internationale connue pour ses actions coup de poing contre la fourrure, les abattoirs ou encore la chasse. L’idée était simple, utiliser l’exposition médiatique de la feria pour frapper fort et relancer le débat sur une pratique que les militants qualifient de torture publique.

“Nous avons voulu dénoncer ce spectacle sanglant qui ne devrait plus avoir sa place dans une société moderne”, a expliqué l’association dans un communiqué diffusé après l’interpellation. PETA a salué le courage de ces militants qui risquent des poursuites judiciaires pour avoir défendu les taureaux.

48 heures derrière les barreaux

L’influenceur a été placé en garde à vue dès vendredi soir, tout comme ses deux compagnons. Selon les informations du parquet de Nîmes, l’infraction retenue pourrait être intrusion sur une propriété privée à caractère culturel et trouble à l’ordre public. En théorie, ce type d’acte peut entraîner une amende, voire une condamnation plus lourde en cas de récidive.

Dimanche, Jeremstar a finalement retrouvé la liberté après deux nuits passées en cellule. Visiblement marqué par l’expérience, il s’est exprimé rapidement sur ses réseaux sociaux.

“48H de garde à vue pour avoir dénoncé la barbarie que sont les corridas. Je me demande dans quel monde je vis”, a-t-il déclaré, photos de ses poignets encore marqués par les menottes à l’appui.

Un combat assumé

Depuis plusieurs mois, Jeremstar multiplie les prises de position en faveur de la cause animale. Son choix de cibler la corrida n’est pas anodin. Le sujet divise la France depuis des décennies. Dans certaines régions du sud, notamment Nîmes, Arles ou Béziers, la tauromachie reste présentée comme un art, une tradition culturelle importée d’Espagne et transmise de génération en génération.

Mais pour ses opposants, impossible de parler d’art quand un taureau est mis à mort. “La corrida, c’est une torture mise en scène, un vestige d’un autre âge”, martèle Claire Starozinski, présidente de l’Alliance anti-corrida, souvent en première ligne à Nîmes. Pour les défenseurs de la cause animale, le geste de Jeremstar aura permis de donner un coup de projecteur supplémentaire à ce combat.

Une polémique récurrente

La corrida revient régulièrement dans le débat politique national. En 2022, une proposition de loi visant à interdire la pratique avait été examinée à l’Assemblée nationale. Elle avait finalement été retirée par son auteur, le député Aymeric Caron, face aux tensions qu’elle suscitait jusque dans les rangs de la majorité présidentielle. Le texte avait toutefois révélé à quel point le sujet reste brûlant, entre attachement aux traditions et revendications éthiques.

À Nîmes, la municipalité défend chaque année la feria comme un atout économique et touristique majeur. “Cet événement fait partie intégrante de notre identité locale, il attire des milliers de visiteurs et génère des retombées considérables”, rappelait récemment le maire, Jean-Paul Fournier, fervent défenseur de la tauromachie. Dans ce contexte, l’intrusion de Jeremstar ne pouvait qu’attiser les tensions.

L’arène, un symbole disputé

L’image de l’influenceur traîné hors du sable par des agents de sécurité a fait le tour des réseaux sociaux. Les partisans de la corrida y ont vu une provocation inacceptable, une atteinte à leur patrimoine culturel. Les anti-corrida, eux, ont salué le courage d’un geste jugé nécessaire pour réveiller les consciences.

Au-delà du buzz, l’affaire pose une question plus large. Jusqu’où peut aller la contestation militante ? Les intrusions dans les arènes, comme les actions dans les abattoirs ou les blocages de routes par les défenseurs de la cause animale, se multiplient. À chaque fois, la même ligne de fracture réapparaît, entre nécessité d’alerter et respect de la loi.

Que risque Jeremstar suite à son intervention ?

Le parquet de Nîmes devrait se prononcer dans les prochains jours sur d’éventuelles poursuites. Pour Jeremstar, le risque d’une condamnation existe, même si les sanctions restent généralement symboliques dans ce type de dossier. Mais au-delà de l’aspect judiciaire, l’épisode a déjà atteint son objectif. Celui de relancer le débat sur une tradition qui n’en finit pas de diviser la société française.

“Je savais que j’allais être arrêté, je l’ai fait en conscience. Ce n’est rien comparé à la souffrance qu’endurent les taureaux”, a conclu Jeremstar, plus déterminé que jamais. Dans l’arène médiatique, la bataille autour de la corrida est loin d’être terminée.