Jay Kelly sur Netflix avec George Clooney : le film qui devait tout casser… et qui finit en énorme flop

AM.wiss

George Clooney qui se plante dans son propre rôle, une Europe transformée en décor de parc d’attractions et une comédie qui ne fait presque jamais rire… « Jay Kelly » débarque sur Netflix et laisse tout le monde un peu sonné. Entre attentes énormes, casting cinq étoiles et réception glaciale, retour sur ce drôle d’accident cinématographique.

Un film attendu comme un événement… et accueilli comme une douche froide

Netflix misait gros avec Jay Kelly. Noah Baumbach derrière la caméra, Clooney en tête d’affiche, Adam Sandler et Laura Dern en renfort, le tout passé par Venise et Saint-Sébastien… sur le papier, c’était du caviar. 

Dans les faits, on assiste plutôt à une comédie qui déraille dès qu’elle traverse l’Atlantique, accumulant clichés et maladresses jusqu’à rater complètement la voie qu’elle voulait prendre.

Une histoire qui démarre bien avant de s’effondrer en plein voyage

Le film suit Jay Kelly, acteur hollywoodien en pleine crise existentielle, entre doutes sur sa carrière, regrets personnels et relation compliquée avec sa fille. Quand celle-ci part voyager en Italie, il décide de la suivre incognito, escorté de son agent (Adam Sandler, impeccable) et de son attachée de presse (Laura Dern).

Le début à Los Angeles fonctionne plutôt bien, avec un Clooney qui cherche à être vulnérable, presque désarmé, et qui joue (quasiment) son propre rôle. Mais dès que le trio pose un pied à Paris, le film prend un virage aussi brutal que douteux.

La France et l’Italie façon carte postale… ou façon “Emily in Paris sous caféine”

C’est l’un des points qui hérisse le plus les spectateurs français. La capitale apparaît totalement vide, comme si Baumbach l’avait privatisée pour la journée. La Gare de Lyon ressemble à un décor de sitcom américaine, et le train qui traverse la France ferait presque passer un vieux Corail des années 70 pour un TGV futuriste.

À bord, c’est un festival. Tout le monde parle anglais couramment, du contrôleur aux passagers affublés de bérets en full outfit cliché. Certains se baladent avec des baguettes sous le bras — littéralement. L’ambiance vire à la caricature goguenarde, comme si le réalisateur avait découvert la France dans un guide touristique datant de 1982.

La partie italienne ne relève pas le niveau, enchaînant symboles, exagérations et stéréotypes, au point de provoquer plus de gêne que de rires.

Clooney, Sandler, Dern… un casting brillant écrasé par un scénario qui ne suit pas

On pourrait au moins se consoler avec le jeu de George Clooney. Mais même là, surprise : l’acteur passe à côté de son rôle, pourtant taillé sur mesure. Son interprétation manque de naturel, comme si le film ne lui offrait jamais le terrain pour respirer ou improviser.

Le vrai rayon de soleil, ironiquement, vient d’Adam Sandler. Loin de son image comique, il propose ici une performance douce, presque émouvante, qui aurait mérité un film plus solide autour de lui.

Pourquoi Jay Kelly fait autant parler malgré ses faiblesses ?

Parce que c’est un film Netflix porté par Clooney et Baumbach. Parce qu’il a été présenté dans deux festivals prestigieux. Et surtout parce qu’il montre comment une production ambitieuse peut se perdre en route, jusqu’à devenir une sorte d’objet cinématographique bizarre, attachant par moments, mais globalement raté.

Le résultat final fascine autant qu’il déçoit. Une comédie qui voulait toucher, faire rire, raconter quelque chose sur la célébrité… mais qui finit par se transformer en guignolade transcontinentale difficile à justifier.

Jay Kelly n’est pas le pire film de l’année, mais c’est probablement l’un des plus déroutants. Un projet plein de promesses qui se casse la figure au moment précis où il aurait dû décoller. Si vous aimez Clooney ou les curiosités ciné, pourquoi pas. Sinon… il y a mieux dans votre file d’attente.