Il était apiculteur… il vient de décrocher le prix du meilleur gâteau des Hauts-de-Seine

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C’est l’histoire d’un apiculteur devenu pâtissier qui vient de mettre tout le monde d’accord dans les Hauts-de-Seine. Vendredi, Grégoire Delachaux a remporté la 7ᵉ édition du concours du meilleur gâteau du département grâce à une tarte aux pommes réinventée façon haute voltige. Un dessert aussi croustillant que touchant, à l’image d’un artisan autodidacte qui transforme un rêve d’enfant en victoire très concrète.

Un concours très attendu et un gagnant inattendu

Dans les Hauts-de-Seine, le concours du meilleur gâteau est devenu un petit rituel de décembre. Chaque année, le conseil départemental et la Chambre des Métiers de l’Artisanat sélectionnent les créations qui incarnent le mieux le thème du moment. En 2025, c’était tradition et modernité, une consigne simple mais redoutable pour les artisans.

Cette fois, c’est à Nanterre que le jury a tranché. Devant les réalisations finalistes, Stéphane Glacier, Meilleur Ouvrier de France, n’a pas hésité une seconde. Selon lui, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas goûté un gâteau aussi bon. Le compliment n’est pas anodin, surtout de la part d’un chef capable de faire recommencer un concours quand les créations ne sont pas au niveau. Autant dire que Grégoire Delachaux a mis la barre très haut.

Une tarte aux pommes twistée en œuvre signature

Le gâteau primé est une sorte de masterclass autour de la pomme. À première vue, une tarte. À la dégustation, un parcours gustatif entier. Croustillant noisette reconstitué, crémeux noisette vanille, marmelade de pomme Granny Smith, compotée au calvados, brunoise de pommes, pommes pirouette caramélisées au four, glaçage au cidre fermier. Rien n’est laissé au hasard, tout s’imbrique.

Résultat, un dessert qui joue sur les textures et les températures, avec une pointe d’acidité parfaitement équilibrée. Une création disponible en janvier dans sa boutique Le Miel de Greg, à Rueil-Malmaison, une maison ouverte en 2019 qui fait la part belle aux produits bruts et au travail artisanal. Prix annoncé pour la version 8 à 10 personnes, 45 euros, un tarif honnête pour une création de concours.

Le parcours étonnant d’un pâtissier autodidacte

Ce qui touche dans l’histoire, c’est la trajectoire du lauréat. Grégoire Delachaux a d’abord été élagueur, puis apiculteur, avant de se lancer dans la transformation du miel en confiseries et pains d’épices. Peu à peu, il s’est formé, a enchaîné les stages, a appris à reproduire puis à créer. Le tout sans diplôme de pâtisserie. Son moteur reste la même question à chaque recette, est-ce que ça fait du bien.

Et clairement, son gâteau a fait beaucoup de bien au jury.

Un podium serré et un niveau impressionnant

Cette année, le concours était haut en couleurs. La deuxième place revient à Fabienne Zacchi du Comptoir des Pipelettes, à Fontenay-aux-Roses, qui avait déjà remporté l’édition 2023. Cette fois, elle signe une réinterprétation très technique de la tarte Tatin.

La troisième marche est occupée par Christophe Bertrand et Mathieu Zuppetti de la boutique À la Reine Astrid, à Meudon. Leur opéra modernisé travaille un chocolat d’origine Haïti 75 %, provenant d’un programme de coopération mené dans le département autour du cacao équitable. Un dessert puissant, structuré, visuellement très élégant.

Une victoire qui marque autant le cœur que le territoire

Au-delà du palmarès, ce concours valorise un savoir-faire local dynamique, très apprécié dans le 92. Le Miel de Greg, comme les autres maisons du podium, montre que l’artisanat peut rester créatif tout en restant ancré dans un territoire. Une belle vitrine pour un métier qui continue de se réinventer à travers ses artisans.

Une tarte aux pommes revisitée qui gagne un concours, ça peut sembler simple. Mais derrière celle-ci, il y a un parcours, une philosophie et un vrai geste d’artisan. Si vous passez par Rueil-Malmaison en janvier, vous savez déjà quelle pâtisserie tester.