Le Hellfest 2025 a beau afficher complet, cette année, c’est surtout la polémique qui résonne plus fort que les guitares. Programmation décriée, artistes controversés, accusations d’abus en interne, projet d’extension douteux… Le festival de métal le plus célèbre de France traverse une tempête de critiques. Alors, Hellfest, icône rebelle ou machine à fric déconnectée de sa base ?
Une programmation qui divise : Muse, vraiment ?
On commence par la goutte d’eau qui fait headbanger à l’envers : la programmation. Avec Muse, Scorpions ou encore un retour de Linkin Park version 2025, les puristes crient à la trahison.
“Bientôt ils vont booker Stromae, non ?”, balance un internaute.
Ben Barbaud, le boss du Hellfest, assume : « On ne peut pas se répéter éternellement. Ce festival doit provoquer, bousculer, choquer même. » Mais pour beaucoup, cette ouverture vers le mainstream sonne comme une trahison du projet initial.
Till Lindemann, le retour qui fâche
Autre polémique brûlante : la présence de Till Lindemann, frontman de Rammstein, accusé en 2023 de violences sexuelles (bien que les charges aient été abandonnées). Ce choix divise profondément.
“Comment peut-on bannir Marilyn Manson et pas Lindemann ?”, s’interroge un fan.
Barbaud botte en touche : « Je ne suis pas juge, mais programmateur. Ce sont les fans qui décident. »
Pas sûr que ça suffise à calmer les critiques, surtout après une année où le festival se voulait exemplaire sur les sujets de violences sexistes.
Harcèlement, VSS : Hellfest sous les projecteurs
Le festival traîne aussi des casseroles judiciaires. En 2023, la structure Hellfest Prod a été condamnée pour harcèlement moral. Et plusieurs témoignages évoquent des cas de violences sexuelles pendant l’événement.
L’organisme a réagi avec la création de la brigade Hellwatch, censée veiller au grain. Mais pour beaucoup, ça sent surtout le “féminisme-washing”.
Ben Barbaud condamné, l’image du fest’ en prend un coup
Autre coup dur : le fondateur lui-même a été condamné en avril 2023 à 8 mois avec sursis pour abus de confiance. L’affaire concerne un détournement d’argent au profit de sa propre société d’événementiel. Autant dire que ça ne passe pas chez les fans.
“Il détourne du blé pour se payer des toiles et faire sa pinarderie, et nous on raque 300 balles le pass. Quelle honte.”
Projet d’extension sur zones humides : les écolos montent au front
Last but not least : le Hellfest prévoit d’agrandir son site de 15 hectares, en partie sur des zones humides et des terres agricoles. Associations, riverains et agriculteurs dénoncent un projet destructeur et une mairie qui arrange discrètement le PLU pour faciliter l’aménagement.
Même la future brasserie prévue sur le site fait polémique : manque d’assainissement, saturation du réseau local, tout est sujet à crispation.
Alors, le Hellfest a-t-il vendu son âme au diable ?
Depuis des années, le Hellfest cultive une image rebelle, alternative, inclusive. Mais en 2025, la machine semble grincer. Certains y voient une simple crise de croissance, d’autres une trahison pure et simple.
Faut-il sacrifier l’ADN d’un festival pour plaire à tous ? Jusqu’où peut-on s’ouvrir sans se diluer ?



