Hélène Vincent : ses révélations dans le 20H de France 2

la Rédaction

À 81 ans, Hélène Vincent prouve qu’elle a encore des choses à dire. Invitée ce dimanche 25 mai dans « 20h30 le dimanche », l’actrice césarisée s’est livrée avec franchise sur sa carrière, ses désillusions, et sur la place des femmes dans le cinéma. Un moment fort, à l’image de cette comédienne discrète mais essentielle.

Quand Hélène Vincent parle, on tend l’oreille. Pas parce qu’elle crie fort, mais parce qu’elle dit juste. Invitée de Laurent Delahousse sur France 2 ce dimanche soir, l’actrice a retracé un parcours artistique aussi solide que sous-estimé. Depuis La vie est un long fleuve tranquille en 1988, où elle incarnait la très bourgeoise Mme Le Quesnoy, Hélène Vincent a souvent joué les seconds rôles. Et c’est précisément sur ce point qu’elle a voulu revenir.

« J’ai été très déçue par le cinéma »

Avec sa voix posée, elle confie ne pas avoir su capitaliser sur le succès du film d’Étienne Chatiliez. « Les propositions qu’on m’a faites ensuite, c’était la même chose, en moins bien », raconte-t-elle sans détour. Un désenchantement palpable, nourri par la peur d’être cantonnée à un seul registre. « J’ai eu la hantise d’être enfermée dans un rôle. » Une forme de mise à distance du cinéma, qu’elle n’a pourtant jamais quitté complètement.

Ce déséquilibre, elle l’a ressenti comme une injustice, surtout en tant que femme. « Durer au cinéma, pour les femmes, c’est très difficile », déplore-t-elle. Pour elle, c’est le théâtre qui a été sa bouée. Là, pas de cases, pas de formatage : elle y a enchaîné les rôles principaux, avec une liberté qu’elle n’a jamais vraiment trouvée à l’écran.

helene vincent Un héritage artistique assumé

Mais Hélène Vincent n’est pas la seule artiste de la famille. Son fils unique, Thomas Vincent, a lui aussi trouvé sa voie dans le 7e art. D’abord comédien, photographe de plateau, puis assistant réalisateur sur Valmont de Milos Forman, il est aujourd’hui un réalisateur reconnu. On lui doit des séries à succès comme Bodyguard, Versailles, Tunnel ou plus récemment Reacher.

Une passion de la scène et de l’image transmise en toute simplicité, loin des projecteurs people. Chez les Vincent, le talent est visiblement une affaire de fond, pas de buzz.

Une actrice libre et lucide

Malgré les déceptions, Hélène Vincent n’a jamais cédé à l’amertume. Elle avance, droite, fidèle à elle-même. « Il a fallu que je progresse dans la simplicité et l’humilité. J’ai serré les dents et j’ai avancé », résume-t-elle. Une philosophie de vie rare, à l’heure des carrières éclairs et des egos surdimensionnés.

Et si Jean Rochefort lui avait un jour prédit une « carrière de seconds rôles jusqu’à la fin », il ne s’était pas trompé. Mais entre nous, quel second rôle peut se targuer d’avoir autant marqué le cinéma français ?