Hassan Guerrar balance tout : ‘Changer de prénom pour réussir ? J’ai dit NON !’

la Rédaction

C’est une véritable bombe que vient de lâcher Hassan Guerrar, réalisateur franco-algérien, lors de son passage dans l’émission à succès C à Vous. Invité pour promouvoir son tout dernier film Barbès, Little Algérie, il a pris la parole avec une franchise déconcertante sur les difficultés auxquelles il a dû faire face au début de sa carrière. Un témoignage fort qui met en lumière une réalité souvent ignorée : celle des discriminations encore présentes dans le milieu artistique pour les personnes issues de l’immigration.

“Mohamed ou Kamel, ce n’était pas possible » : un témoignage choc de Hassan Guerrar

Le franco-algérien n’a pas mâché ses mots. En toute transparence, il a révélé que lorsqu’il a débuté dans le cinéma, porter un prénom à consonance arabe pouvait tout simplement vous fermer des portes. 

« Quand j’ai commencé, s’appeler Mohamed ou Kamel, ce n’était pas possible », a-t-il expliqué avec une amertume palpable. Des propos qui résonnent fort, en particulier à une époque où la diversité semble être mise en avant, mais où les obstacles liés aux préjugés persistent dans l’ombre.

Le réalisateur raconte une anecdote marquante : à ses débuts,

on lui a proposé un poste d’attaché de presse alors qu’il ne savait encore ni lire ni écrire. Cependant, à une condition surprenante et dérangeante : changer de prénom. « On m’a proposé d’être attaché de presse, mais je devais changer de prénom », se remémore-t-il, l’air de dire que cela semblait être une exigence courante. 

Mais jeune garçon à l’époque et fidèle à ses valeurs, a tout de suite mis les points sur les i : « J’ai dit OK, mais jamais je ne cacherais que je suis algérien. » Un refus catégorique de nier ses origines ou d’effacer cette part de lui-même pour entrer dans les standards imposés.

« Je suis très fier d’être binational »

Ce qui frappe dans le discours du réalisateur, c’est avant tout cette fierté, assumée et revendiquée, d’être algérien et français. « Je suis très fier d’être un binational », affirme-t-il sans détour, rappelant ainsi l’importance de ne jamais renier ses racines, même face aux pressions. 

Pour lui, son identité algérienne fait partie intégrante de ce qu’il est, et cette double culture est une richesse inestimable, à défendre coûte que coûte.

L’homme met aussi en avant la nécessité de changer les mentalités. Ce n’est pas aux jeunes talents de dissimuler ou de gommer leurs identités pour s’intégrer dans un milieu professionnel, mais bien à la société d’accepter et de valoriser cette diversité. Une leçon de courage et d’authenticité qu’il transmet sans retenue.

« Barbès, Little Algérie » : un film au cœur des réalités franco-algériennes

Si Hassan Guerrar s’exprime aujourd’hui avec autant de passion, c’est aussi parce que son nouveau film, Barbès, Little Algérie, s’inscrit dans cette démarche de montrer une réalité souvent ignorée ou mal comprise : celle des Algériens vivant en France et, plus particulièrement, dans le quartier de Barbès. 

Ce lieu emblématique, véritable melting-pot culturel, est au centre de son œuvre. À travers ce film, il souhaite montrer la richesse, mais aussi les défis de cette communauté, et rappeler que l’identité franco-algérienne ne se limite pas aux clichés souvent véhiculés dans les médias.

Sur les réseaux sociaux, les réactions se déchaînent…

Suite à son intervention, les réactions ne se sont pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux, les internautes se sont rapidement emparés de ses propos, entre soutien inconditionnel et débat enflammé. Beaucoup ont salué son courage et son honnêteté, rappelant que le chemin est encore long pour une véritable égalité des chances dans le monde professionnel et artistique.

Certains ont même partagé des expériences similaires, confirmant que la discrimination basée sur le prénom ou l’origine n’est malheureusement pas un phénomène du passé. 

D’autres, plus critiques, ont questionné ce débat dans un contexte où de nombreux efforts sont déjà faits pour promouvoir la diversité.