On pensait qu’il avait définitivement rangé son micro et son éternel sourire. Mais Gérard Holtz, 78 ans, n’en a visiblement pas terminé avec le petit écran. L’ancien visage incontournable du service des sports de France Télévisions revient, neuf ans après son départ émouvant lors du Tour de France 2016, avec une émission qui n’a cette fois rien à voir avec le vélo ou le ballon rond. À partir du 24 octobre prochain, il animera sur LCP un nouveau magazine culturel intitulé « Le Banquet », programmé deux fois par mois en prime time.
Une parenthèse qui n’en était pas une
En 2016, son adieu aux téléspectateurs avait des allures de clap de fin. « Je pars heureux, la tête remplie d’images », déclarait-il à l’époque, les yeux embués au pied de l’Arc de Triomphe. Depuis, l’homme n’a pourtant jamais vraiment disparu. Amateur de théâtre, il est monté régulièrement sur scène, a publié plusieurs ouvrages et s’est consacré à sa passion pour le sport, version pratique cette fois. Un agenda bien rempli, mais loin des plateaux de télévision.
À 78 ans, Holtz n’a donc pas résisté à l’appel de la caméra. « Revenir ? C’était évident », confie-t-il aujourd’hui. Mais pas question de rejouer la partition du journaliste sportif qu’il fut pendant quatre décennies. Ce retour se veut résolument différent, porté par une envie de partager une autre facette de lui-même.
« Le Banquet », une émission pour nourrir l’esprit
Diffusée sur La Chaîne parlementaire, que Holtz décrit comme une « chaîne chic et intelligente », l’émission entend s’installer dans le paysage télévisuel comme un rendez-vous culturel récurrent. Le principe : réunir autour de lui des personnalités du monde de la culture pour débattre, échanger et transmettre, dans un esprit à la fois sérieux et convivial.
Holtz n’arrivera pas seul dans cette aventure. À ses côtés, la journaliste et essayiste Anna Cabana, de trente ans sa cadette, apportera son regard et son énergie. Un duo intergénérationnel qui devrait donner du rythme à une émission pensée comme un espace de dialogue plus que comme un simple plateau télé.
« Le Banquet », comme son nom l’indique, veut embrasser une culture large, populaire et savante à la fois, de Platon à Astérix, de la littérature au cinéma, en passant par le théâtre et la bande dessinée. Un mélange qui colle à l’image d’Holtz, passionné d’histoire, de sport et d’arts vivants.
Une rentrée médiatique qui intrigue
Ce retour suscite forcément la curiosité. D’abord parce que Holtz a marqué plusieurs générations de téléspectateurs avec son ton enjoué, sa proximité avec les champions et son énergie communicative. Ensuite parce qu’on ne l’attendait pas forcément dans ce registre. L’homme qui vibrait au rythme des étapes du Tour ou des Jeux olympiques choisit désormais de mettre en avant la culture et le débat d’idées.
Pour LCP, le pari est double. Offrir à la chaîne une vitrine grand public en prime time grâce à un nom connu et apprécié. Et, en même temps, rester fidèle à sa ligne éditoriale, tournée vers l’éclairage des grands enjeux de société.
Un « come-back » symbolique
Au fond, le retour de Gérard Holtz dit quelque chose du lien entre télévision et mémoire collective. Certaines figures deviennent plus que de simples journalistes : elles incarnent une époque. Le revoir aujourd’hui, dans un autre rôle, c’est un peu comme retrouver un visage familier dans un nouveau décor.
Reste à savoir si « Le Banquet » saura séduire au-delà de la curiosité initiale. Mais une chose est sûre : Gérard Holtz n’a rien perdu de son enthousiasme. Et à 78 ans, il prouve qu’il est encore possible d’inventer une nouvelle page de sa carrière, loin des podiums et des arrivées de sprint, mais toujours avec la même passion du partage.





