Gérard Depardieu : que s’est-il passé sur le tournage du film Les Volets verts ?

la Rédaction

Le rideau s’apprête à tomber, mais ce ne sont pas les applaudissements qu’on attend cette fois. Ce mardi 13 mai, Gérard Depardieu était au tribunal correctionnel de Paris, attendant que la justice tranche : a-t-il, oui ou non, agressé sexuellement deux femmes sur le tournage du film Les Volets verts en 2021 ?

Le film, une adaptation plutôt sobre et nostalgique, n’a pas déchaîné les foules à sa sortie. Mais c’est en coulisses que les choses se sont vraiment gâtées. Ce n’est pas de cinéma qu’on parle ici, mais de gestes déplacés, d’attouchements, de mains qui n’avaient rien à faire là.

Deux plaignantes, un géant du cinéma

Les faits reprochés à Gérard Depardieu ne datent pas d’hier. Sur le plateau, deux femmes, Amélie, technicienne de 54 ans, et Sarah (nom d’emprunt), 34 ans, accusent l’acteur de gestes inappropriés. 

Amélie décrit avoir été coincée par Depardieu, qui aurait malaxé ses fesses et ses seins en lâchant des commentaires graveleux. Sarah, elle, parle de mains sur les fesses et sur la poitrine.

Un procès sous haute tension

Pendant les quatre jours d’audience fin mars, le procès a viré à l’affrontement brut. D’un côté, le ministère public, pour qui la culpabilité de l’acteur ne fait “aucun doute”. Il requiert 18 mois de prison avec sursis, une amende de 20 000 €, une obligation de soins, deux ans d’inéligibilité et une inscription au fichier des délinquants sexuels.

De l’autre, la défense, incarnée par Me Jérémie Assous, qui va jusqu’à traiter les plaignantes de « menteuses, hystériques ». Une stratégie qui a choqué jusqu’à certains membres du barreau. Près de 200 avocats ont d’ailleurs signé une tribune pour dénoncer la violence sexiste en audience et le silence des institutions face à de telles méthodes.

Un climat pesant sur le plateau

Ce qui s’est joué sur le plateau de Les Volets verts, ce n’est pas qu’une série de gestes déplacés. C’est un climat, un rapport de domination. Quatre autres femmes ont témoigné au procès de faits similaires entre 2007 et 2015. Aucune n’avait osé parler à l’époque. 

“Parce que quand on a 20 ans, on ne va pas porter plainte contre Gérard Depardieu”, a confié l’une d’elles.

L’acteur continue de clamer son innocence. Il dit être d’un autre temps, où les femmes ne parlaient pas, mais ce temps-là, justement, est révolu, et c’est tout le sens de ce procès.

Aujourd’hui, la justice doit dire si ce qui s’est passé sur le tournage était du flirt maladroit, comme le prétend l’accusé… ou bel et bien une série d’agressions sexuelles. Dans tous les cas, c’est l’image d’un monument du cinéma français qui vacille. Et peut-être, un signal de plus envoyé aux puissants : même les stars doivent rendre des comptes.