Sorti en 2025, L’amour, c’est surcoté de Mourad Winter s’attaque frontalement aux illusions amoureuses de toute une génération. Derrière ses punchlines et son humour désabusé, le film cache une vraie trajectoire émotionnelle… jusqu’à une fin plus tendre qu’il n’y paraît.
Une comédie romantique générationnelle, entre ironie et fragilité
Avec L’amour, c’est surcoté, Mourad Winter adapte son propre roman et signe une romcom française qui parle clairement à ceux qui ont grandi avec Tinder, les relations bancales et la peur de s’attacher. Le personnage principal, Anis, interprété par Hakim Jemili, coche toutes les cases du mec qui a renoncé à l’amour. Traumatisé par la perte de son meilleur ami, il se protège derrière l’humour, l’auto-dérision et une bonne dose de cynisme.
Face à lui, Madeleine, incarnée par Laura Felpin, débarque comme un électrochoc. Elle n’est ni idéalisée ni parfaite, mais elle assume ses émotions, ses attentes et son besoin de sincérité. Leur rencontre donne lieu à une succession de situations maladroites, parfois drôles, parfois touchantes, qui font avancer le récit sans jamais tomber dans le cliché pur.
Un film qui parle du deuil autant que de l’amour
Ce qui distingue L’amour, c’est surcoté d’une romcom classique, c’est son sous-texte. Le film ne parle pas seulement de rencontres amoureuses, mais aussi de deuil, de reconstruction et de la difficulté à se projeter quand on a perdu quelqu’un de fondamental.
Anis n’a pas simplement peur d’aimer. Il a peur de revivre une perte. Et c’est là que le film gagne en profondeur. L’humour sert de carapace, mais les failles sont bien visibles. Mourad Winter filme cette fragilité sans lourdeur, avec une écriture très contemporaine, nourrie de silences, de non-dits et de dialogues qui sonnent juste.
Comment se termine L’amour, c’est surcoté ? (Attention spoilers)
La fin du film ne cherche pas le twist choc ni la rupture spectaculaire. Après plusieurs hésitations et un éloignement temporaire, Anis comprend que son problème n’est pas Madeleine… mais lui-même. Il réalise qu’il utilise le cynisme comme un bouclier pour éviter de souffrir.
Dans les dernières scènes, il fait enfin un pas clair vers elle. Pas de grande déclaration hollywoodienne, mais un moment simple, sincère, presque banal. Anis accepte l’idée que l’amour implique un risque, et que vouloir tout contrôler revient souvent à ne rien vivre du tout.
Le film se conclut sur la formation assumée du couple. Rien n’est garanti, rien n’est idéalisé, mais quelque chose commence. Et c’est précisément ce réalisme doux-amer qui rend la fin crédible et touchante.
Pourquoi le film parle autant au public en 2025
L’amour, c’est surcoté arrive à un moment où beaucoup doutent des modèles amoureux traditionnels. Le film capte parfaitement cette fatigue émotionnelle, ce besoin de connexion mêlé à une peur constante de l’échec.
Entre humour générationnel, casting solide et écriture honnête, Mourad Winter signe une comédie romantique qui assume ses contradictions. Elle se moque de l’amour tout en reconnaissant qu’on finit souvent par y revenir.Sous ses airs de romcom désabusée, L’amour, c’est surcoté raconte surtout une réconciliation avec l’émotion. Un film imparfait, mais sincère, qui rappelle que l’amour n’est peut-être pas surcoté… juste compliqué.
