Le nom de Djimo résonne aujourd’hui au-delà des planches et des rires. Connu pour son humour et ses passages sur les plus grandes scènes françaises, l’humoriste est au cœur d’une affaire judiciaire qui affole les rédactions. Mis en examen pour viol, il conteste vigoureusement les faits reprochés. Plongée dans une histoire complexe, sensible et qui dépasse le simple fait divers.
Qui est Djimo, l’humoriste sous enquête ?
Djimo, de son vrai nom Djimo Salim, est un humoriste français né en 1990 à Limoges. Repéré notamment via le Jamel Comedy Club, il s’est fait un nom dans le stand-up et multiplie les apparitions sur scène et à la télévision avant 2025.
Mais derrière le sourire se cache aujourd’hui une procédure judiciaire qui prend une toute autre tournure.
Des faits reprochés remontant à 2015
Les faits qui lui sont reprochés remontent à l’été 2015. Une jeune femme, aujourd’hui comédienne de doublage, affirme qu’après une soirée entre amis, un rapport qui aurait d’abord été consenti avec un autre humoriste, Lenny M’Bunga, aurait ensuite été suivi d’un acte non consenti impliquant Djimo.
Selon le récit de la plaignante, elle aurait cru que l’homme revenu dans la chambre était son partenaire de la soirée, mais ce serait en réalité Djimo. C’est uniquement après avoir entendu un sketch évoquant un « échange de rôles » entre deux hommes et une femme qu’elle aurait pris conscience de ce qu’elle avait vécu.
Du statut de témoin assisté à la mise en examen
Quand la plainte a été déposée en mars 2023, l’enquête judiciaire avait d’abord placé Djimo sous le statut de témoin assisté, statut juridique qui signifie que la personne est entendue par la justice mais n’est pas encore formellement mise en examen.
Mais le 15 janvier 2026, le parquet de Bobigny a décidé de le mettre en examen pour viol, décision marquante dans cette procédure qui dure depuis plusieurs années.
Ce passage du statut de témoin assisté à mis en examen marque une étape importante pour la justice française, qui estime qu’il existe désormais suffisamment d’indices pour approfondir l’enquête dans un cadre formel.
Les positions des parties
L’affaire oppose deux récits, et chacun camp sur ses positions. La plaignante, épaulée par son avocate, voit dans cette mise en examen une « avancée procédurale majeure » qui valide sa parole après des années de silence et de critiques, notamment en ligne. Elle a notamment évoqué une vague de haine sur les réseaux sociaux après avoir parlé publiquement des faits.
De son côté, Djimo nie fermement les accusations. Ses avocats soulignent que la mise en examen « ne repose sur aucun élément nouveau » par rapport à l’enquête initiale et annoncent qu’ils entendent faire usage de tous les recours possibles afin de faire reconnaître son innocence.
Lenny M’Bunga, quant à lui, demeure sous le statut de témoin assisté sans mise en examen à ce stade.
Une affaire inscrite dans le mouvement #MeTooStandUp
Au-delà de l’affaire personnelle, ce dossier est souvent cité dans le cadre plus large du mouvement #MeTooStandUp, qui vise à dénoncer les violences et comportements abusifs dans le milieu humoristique en France.
Des voix, longtemps tues dans ce milieu, se sont élevées ces dernières années, donnant une résonance particulière à ce type de procédures.
Où en est la procédure aujourd’hui ?
À ce stade, mise en examen ne signifie pas condamnation. La justice française poursuit son enquête, cherchant à établir, preuves à l’appui, la véracité des faits allégués. Tant que la procédure suit son cours, Djimo conserve la présomption d’innocence, principe fondamental du droit pénal.
L’affaire va probablement encore faire parler d’elle, tant sur le plan judiciaire que médiatique, et soulève des questions complexes sur la parole des victimes et les dérives possibles au sein du monde du stand-up.





