L’alcoolisme féminin, c’est une réalité bien planquée derrière les rideaux tirés, les bouteilles dans le panier à linge et les sourires de façade. Un tabou qui colle à la peau, surtout dans une société qui aime encore croire que seuls les mecs ont droit à la déchéance.
Des jours meilleurs, une claque
Heureusement, un film vient secouer tout ça : Des jours meilleurs. Une claque douce-amère, mais nécessaire. Réalisé par Elsa Bennett et Hippolyte Dard, ce long-métrage s’attaque à l’alcool au féminin avec justesse, émotion… et pas mal d’humour noir. Il est sorti au cinéma ce 23 avril 2025 et c’est un vrai chef-d’œuvre.
L’histoire suit Suzanne (incarnée par une Valérie Bonneton qu’on n’a jamais vue aussi vulnérable), une mère qui perd la garde de ses enfants après un accident de voiture alcoolisé. Direction le centre de désintox où elle croise d’autres femmes cabossées : Alice (Sabrina Ouazani) et Diane (Michèle Laroque), chacune avec ses fêlures, ses traumas, et sa honte bien planquée sous des couches de mascara.
Les femmes aussi peuvent sombrer, et être sauvées
Ce qui frappe dans ce film, c’est pas seulement l’histoire (même si elle est poignante), c’est le fait qu’on montre enfin ce que beaucoup préfèrent taire : les femmes aussi sombrent, et elles le font souvent seules.
Dans l’imaginaire collectif, une femme alcoolique, c’est pas Bukowski ou Gainsbourg, c’est juste “honteux”. Mais elles méritent aussi qu’on les voit et qu’on les aide à surmonter ça.
C’est inspiré d’une vraie histoire
Les réalisateurs se sont inspirés de vraies histoires, notamment celle de Laurence Cottet, une ancienne alcoolique qui a choisi de briser le silence en aidant d’autres femmes à sortir la tête de la bouteille.
Le film a fait le tour de plusieurs festivals, notamment celui de l’Alpe d’Huez, où il a reçu un bel accueil. Il a aussi été projeté en avant-première en Bretagne, région pas épargnée par le sujet, et là-bas comme ailleurs, les spectateurs ressortent un peu secoués, parfois en larmes.
