Cyberharcèlement : les bourreaux d’Ultia condamnés à deux ans de prison

la Rédaction

Ce mardi 21 janvier, le tribunal a rendu son verdict contre les trois hommes accusés d’avoir harcelé la créatrice de contenu française Ultia pendant plusieurs années.

Ce jugement marque une étape importante dans la lutte contre le harcèlement en ligne, notamment celui visant les femmes.

Des années de harcèlement sur Twitch

Ultia, streameuse assez connue de Twitch, subit des attaques incessantes depuis 2021. Tout a commencé après sa participation au ZEvent, un événement caritatif très suivi sur internet.

À l’époque, elle avait critiqué un comportement qu’elle jugeait déplacé de la part d’un autre streamer, Pfut. Ces propos lui avaient valu une avalanche de messages haineux et sexistes.

« On me traite de tous les noms. Je reçois des insultes et des menaces de mort régulièrement », avait-elle témoigné à la barre hier, visiblement émue. 

Ces attaques ont eu des répercussions sur sa santé mentale et sur sa carrière. La streameuse a confié avoir été écartée de plusieurs événements majeurs pour éviter les polémiques. On ne l’a d’ailleurs pas vu au Stream for Humanity d’Aminematue ce weekend 17 janvier.

Des prévenus sous pression

Face au tribunal, les trois hommes accusés, âgés de 21, 25 et 39 ans, ont reconnu en partie les faits. L’un d’eux, déjà condamné pour une affaire de harcèlement sexuel, a tenté de minimiser son rôle. « Ce n’était pas méchant, c’était juste des blagues », a-t-il déclaré. Mais pour Ultia, ces blagues ont laissé des cicatrices profondes.

Un autre prévenu a exprimé des remords, affirmant qu’il ne mesurait pas les conséquences de ses messages.

Quel verdict pour les trois bourreaux ?

Le tribunal a condamné le principal accusé, âgé de 39 ans, à deux ans de prison avec sursis, accompagnés d’une obligation de soins. 

Les deux autres, plus jeunes, écopent de douze mois de sursis et devront suivre un stage de sensibilisation à la lutte contre la haine en ligne. Une interdiction de contacter la victime a également été prononcée pour une durée de cinq ans. Ultia a accueilli le verdict avec soulagement. 

Une problématique toujours d’actualité sur le Twitch français

Le cyberharcèlement, notamment envers les femmes, reste très répandu. Ultia n’est pas la seule à en être victime. D’autres streameuses, comme Maghla et Baghera, dénoncent régulièrement ces violences en ligne

Malgré les avancées, il reste beaucoup à faire pour protéger les créateurs et créatrices de contenu.

Le verdict du 21 janvier est un signal fort. La justice entend bien rappeler que les actes commis derrière un écran sont tout aussi graves que ceux commis dans la vie réelle.