Clément Hervieu-Léger prend la tête de la Comédie-Française dans un contexte agité

la Rédaction

Le rideau se lève sur une nouvelle ère à la Comédie-Française. Clément Hervieu-Léger, comédien et metteur en scène, a été officiellement nommé administrateur général de l’institution, succédant à Eric Ruf, en poste depuis 2014. 

Une nomination qui intervient dans un climat particulier, marqué par l’affaire Nâzim Boudjenah, sociétaire de la Maison, convoqué en janvier 2025 en vue d’un possible licenciement.

Un homme de la maison pour succéder à Eric Ruf

Membre de la troupe depuis 2005 et sociétaire depuis 2018, Clément Hervieu-Léger, 48 ans, a su marquer de son empreinte la scène française. Spécialiste des classiques, il a incarné des rôles majeurs, de Robespierre dans La Mort de Danton à Dorante dans Le Bourgeois Gentilhomme

Son expérience en tant que metteur en scène, notamment à travers la Compagnie des Petits Champs qu’il a fondée en 2010, a renforcé sa légitimité.

Sa nomination, annoncée le 19 février 2025 par le ministère de la Culture, a été faite sur proposition de Rachida Dati. Il prendra officiellement ses fonctions en août 2025 avec la mission de poursuivre le rayonnement de l’institution, de développer les tournées et d’engager des réformes en matière d’égalité et d’inclusivité.

Une nomination dans un climat tendu

L’arrivée de Clément Hervieu-Léger intervient alors que la Comédie-Française est secouée par l’affaire Nâzim Boudjenah. L’acteur, sociétaire depuis 2012, a été convoqué en janvier pour un entretien préalable à un possible licenciement, suite à des agissements graves.

En cause, des menaces de mort proférées contre la députée Sandrine Rousseau, qui ont mis la direction sous pression.

Si la Comédie-Française n’a pas encore officialisé la décision finale concernant Nâzim Boudjenah, ce climat de tension marque un défi supplémentaire pour Hervieu-Léger, qui devra restaurer une certaine harmonie au sein de la prestigieuse institution.

Un chantier artistique et institutionnel

Au-delà de cette crise interne, Clément Hervieu-Léger devra piloter des réformes importantes. Parmi ses missions : le développement des tournées, l’expansion de la politique audiovisuelle et un travail de modernisation des infrastructures, avec des travaux de rénovation énergétique en perspective.

Il aura également la charge de renouveler le répertoire tout en préservant l’héritage classique de la Maison. 

Un mandat sous haute surveillance

L’enjeu est de taille : après une décennie marquée par l’ouverture et l’innovation sous la direction d’Eric Ruf, Clément Hervieu-Léger devra prouver sa capacité à concilier tradition et renouveau

Reste à voir comment il gérera les premiers mois de son mandat et s’il saura imprimer sa marque dans cette institution vieille de plus de trois siècles, tout en gérant les remous laissés par l’affaire Boudjenah.

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