“Cette plateforme doit disparaître” : après la mort tragique de Jean Pormanove, Kick visée par une plainte choc

AM.wiss

Trois mois après le décès du streamer Jean Pormanove en direct sur la plate-forme Kick, l’association Respect Zone dépose une plainte très sévère : elle accuse Kick non seulement de négligence, mais aussi de diffuser des contenus violents et à caractère sexuel accessibles sans contrôle d’âge. La polémique revient plus forte que jamais.

Le deuil de Jean Pormanove relance le débat sur la responsabilité de Kick

Le nom de Raphaël Graven, alias Jean Pormanove, résonne encore dans les médias : ce créateur de contenu de 46 ans est mort en direct sur Kick, après plus de 12 jours de diffusion, au cours desquels il subissait humiliations, violences physiques et psychologiques devant une audience massive.

Suite à cette tragédie, l’association Respect Zone a décidé d’attaquer Kick — non seulement pour son rôle présumé dans ces abus, mais aussi pour ce qu’elle décrit comme une banalisation de contenus inacceptables.

Une plainte qui bouscule tout (et tout le monde)

Respect Zone a déposé sa plainte le 2 octobre 2025, dénonçant plusieurs manquements graves de la plateforme.

Parmi les griefs :

  • Complicité dans la diffusion d’images violentes : des scènes d’atteintes à l’intégrité physique — gifles, privation de sommeil, insultes — auraient été retransmises sans que Kick ne freine leur diffusion.
  • Contenu pornographique à portée de mineurs : selon l’association, des vidéos à caractère sexuel explicite étaient accessibles sans vérification sérieuse de l’âge.
  • Exploitation de personnes vulnérables : la plainte mentionne non seulement Jean Pormanove, mais aussi un autre streamer, “Coudoux”, décrit comme handicapé et placé sous curatelle.

Le contexte judiciaire : enquêtes en cours et pression politique

Deux enquêtes sont déjà ouvertes. Le parquet de Nice, pour déterminer les causes du décès de Graven. Le parquet de Paris, pour “fourniture en bande organisée de plateforme en ligne illicite”. En parallèle, la ministre déléguée au Numérique, Clara Chappaz, s’en est mêlée : elle a dénoncé “un Far West numérique” et reproche à Kick son laxisme en matière de modération.

L’autopsie de Jean Pormanove, de son côté, a rejeté l’idée d’un traumatisme fatal ou d’une intervention extérieure : les conclusions pointent plutôt vers une origine médicale ou toxicologique.

Les critiques contre Kick : un modèle trop rentable à quel prix ?

L’affaire met en lumière une économie du voyeurisme : des spectateurs payaient pour voir Pormanove subir des humiliations, alimentant des streams extrêmes.

Respect Zone accuse Kick de monétiser la souffrance, en ne filtrant pas suffisamment le contenu violent ou sexuel, et en rendant ces diffusions accessibles à des publics potentiellement mineurs.

Selon la plainte, Kick ne mettrait pas en place de vérification d’âge rigoureuse, ce qui pourrait contrevenir à la loi française sur les contenus en ligne.

Réactions et enjeux : vers plus de régulation ?

Cette plainte marque un tournant potentiellement historique :

  • Elle pourrait forcer Kick à renforcer sa modération et à mieux protéger les utilisateurs vulnérables.
  • Elle pose la question d’une régulation renforcée des plateformes de streaming : ces espaces ne sont plus de simples vitrines ; ils peuvent devenir des scènes de violence, si on ne les encadre pas.
  • Elle interroge également sur la responsabilité des plateformes face aux abus créés par leur propre modèle économique.

L’affaire Jean Pormanove n’est pas simplement une tragédie individuelle : elle révèle un malaise structurel, où le divertissement extrême flirte dangereusement avec l’exploitation. Avec cette plainte, Respect Zone met la pression sur Kick — et sur le monde numérique en général — pour redéfinir les limites du “ce qu’on peut montrer”. À suivre de très près.