Brigitte Macron ne compte pas en rester là. Après la relaxe prononcée jeudi dernier par la cour d’appel de Paris en faveur de deux femmes accusées d’avoir diffusé une rumeur transphobe la visant, la Première dame de France a décidé, avec son frère, de se pourvoir en cassation.
Une rumeur persistante depuis 2017
Depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, une rumeur conspirationniste affirme que Brigitte Macron, née Trogneux, n’aurait jamais existé. Ce serait en réalité son frère Jean-Michel ayant changé de sexe. Une infox parmi les plus virales de la sphère complotiste, relancée massivement en 2021 par deux femmes. Natacha Rey, se présentant comme journaliste indépendante, et Amandine Roy, médium.
Les deux prévenues avaient diffusé une longue vidéo sur YouTube, d’une durée de plus de quatre heures, dans laquelle elles développaient cette théorie, montrant des photos de Brigitte Macron et de sa famille, évoquant de prétendues interventions chirurgicales et affirmant qu’elle ne serait pas la mère de ses trois enfants. Elles divulguaient également des informations personnelles sur son frère.
Une procédure judiciaire longue et complexe
En première instance, en septembre 2024, Natacha Rey et Amandine Roy avaient été reconnues coupables et condamnées à 500 euros d’amende avec sursis. Elles devaient également verser 8 000 euros de dommages et intérêts à Brigitte Macron, ainsi que 5 000 euros à son frère Jean-Michel Trogneux, qui s’étaient constitués parties civiles.
Jeudi 10 juillet 2025, la cour d’appel de Paris a toutefois prononcé leur relaxe. Selon les magistrats, les 18 articles mis en cause ne relevaient pas du champ d’application de la loi sur la presse. Concernant un passage sur un détournement de mineur, qui entrait bien dans ce champ, la cour a également relaxé les deux femmes au bénéfice de la bonne foi.
Brigitte Macron et son frère font appel en cassation
Me Jean Ennochi, avocat de Brigitte Macron, a indiqué à l’AFP que la Première dame avait décidé de se pourvoir en cassation. Son frère a également introduit ce recours. Il s’agit pour eux de contester la décision de la cour d’appel et d’obtenir la condamnation des deux prévenues.
Cette rumeur, au-delà de l’atteinte à la vie privée, revêt un caractère transphobe dénoncé par de nombreuses associations. SOS Homophobie a récemment alerté sur une année 2024-2025 « alarmante », avec une explosion des actes transphobes en France.
Une désinformation aux répercussions internationales
La rumeur visant Brigitte Macron a largement dépassé les frontières françaises. Elle a notamment été reprise aux États-Unis par l’extrême droite, en pleine campagne présidentielle.
Ce phénomène rappelle les infox similaires qui ont visé d’autres figures politiques féminines. Comme Michelle Obama, Kamala Harris ou Jacinda Ardern, elles aussi accusées sans fondement d’être transgenres.
Brigitte Macron et son frère entendent aller jusqu’au bout pour faire condamner la diffusion de cette rumeur, qui touche non seulement leur famille, mais aussi la communauté transgenre. Souvent ciblée par ce type d’attaques pour discréditer les personnalités publiques.





