Bernard Pruvost est mort : le gendarme culte de “P’tit Quinquin” s’éteint à 68 ans

la Rédaction

Bernard Pruvost, visage inoubliable de la série P’tit Quinquin, est mort à l’âge de 68 ans. Révélé sur le tard par le réalisateur Bruno Dumont, l’acteur non-professionnel laisse derrière lui une carrière aussi courte qu’exceptionnelle.

Une disparition discrète, avec un impact immense

C’est chez lui, à Calais, que Bernard Pruvost s’est éteint. Si son décès a été annoncé ce 29 juin 2025, il laisse un vide dans le paysage audiovisuel français, lui qui avait marqué tous ceux qui l’avaient découvert dans P’tit Quinquin. À l’époque, cet ouvrier calaisien au chômage est repéré par le casting de Bruno Dumont, connu pour préférer des acteurs non-professionnels.

Et la suite, c’est l’histoire d’une étoile filante. Il endosse le rôle du commandant Van der Weyden, un gendarme à l’élocution unique, tics nerveux compris, dans une enquête complètement loufoque sur des restes humains retrouvés dans des vaches. Sa prestation oscille entre le burlesque de Columbo et le charme maladroit d’un Charlot du Nord.

Un style inimitable presque inné chez lui

Avec ses sourcils broussailleux, son visage agité et ses répliques devenues cultes, Bernard Pruvost a donné au personnage une profondeur inattendue.

Son jeu, à mi-chemin entre malaise et poésie, faisait parfois polémique. Certains détracteurs critiquaient la méthode Dumont, qui le dirigeait à l’oreillette et expliquait après coup que ses tics étaient nés de la fatigue du tournage. Mais au final, qu’importe, Bernard Pruvost crevait littéralement l’écran.

Après P’tit Quinquin, la suite

Fort de ce succès, il reprend son rôle dans Coincoin et les Z’inhumains en 2018, toujours aux côtés de Philippe Jore, son acolyte de la première heure. 

En 2024, Bruno Dumont l’intègre à nouveau dans son film L’Empire, où il côtoie Camille Cottin et Fabrice Luchini. Entre deux tournages, Bernard Pruvost continue pourtant sa vie loin des caméras, travaillant comme ouvrier jusqu’à sa retraite en 2019.

Un acteur né, découvert sur le tard

Il avait cette authenticité brute qu’aucun acteur formé ne pouvait imiter. Sa carrière est un rappel que le talent n’a pas d’âge ni de parcours prédéfini. Bernard Pruvost laisse un souvenir indélébile à ceux qui ont vu ses performances. Toujours pleines de tendresse, d’humour et de poésie étrange.

Sa mort, aussi discrète que sa vie avant la célébrité, marque la fin d’une parenthèse unique dans le cinéma français.