Trois ans après des accusations de viol qui avaient mis sa carrière à l’arrêt, l’humoriste Ary Abittan remonte sur scène avec un nouveau spectacle intitulé « Authentique ». Innocenté après une longue instruction, il raconte aujourd’hui comment il a vécu cette période et affirme ne nourrir « aucune colère ».
Un retour très observé
La scène l’avait manqué. Le public aussi. Ary Abittan, 51 ans, est revenu sous les projecteurs avec « Authentique », un spectacle qui marque la fin d’un silence imposé par une affaire judiciaire qui aura duré près de trois ans. Sur le plateau de BFMTV, l’acteur, costume sombre et regard posé, a accepté de revenir sur cette période qu’il décrit sans détour comme « un cauchemar ».
« Ça a été très dur. Le poids a été très compliqué. J’ai traversé cette épreuve, je l’ai subie. J’ai attendu que la justice fasse son travail », confie-t-il. Une phrase qu’il répète presque comme un mantra, comme pour dire qu’il ne veut plus la revivre.
Une affaire qui remonte à 2021
L’enquête commence en octobre 2021. Une jeune femme qu’il fréquentait depuis quelques semaines porte plainte, l’accusant de viol. Placé en garde à vue dès le lendemain, Ary Abittan est mis en examen. L’affaire prend de l’ampleur, les titres défilent, les réseaux s’embrasent, les dates de spectacle sont annulées.
L’artiste se retire du monde public. Il n’apparaît plus en plateau, ne monte plus sur scène, ne s’exprime pas. « On vous arrache tout, votre travail, votre dignité, mais il reste l’essentiel, ma famille, mes filles, et les amis pour ceux qui sont restés », raconte-t-il. Ce noyau-là lui a servi de bouée.
Après une instruction longue et minutieuse, la justice tranche. Non-lieu en avril 2024, confirmé en appel en janvier 2025. L’affaire est close.
« Je lui pardonne »
Face aux caméras, Ary Abittan surprend. Pas de règlement de comptes. Pas de phrase vengeresse. « Je n’ai aucune colère et je pardonne », déclare-t-il. Il dit n’avoir eu aucun contact avec la plaignante depuis la fin de l’affaire.
Son positionnement divise cependant. Sur les réseaux, certains saluent sa retenue et son retour, d’autres estiment que le sujet reste sensible et que l’affaire continue de soulever des débats. Le collectif féministe #NousToutes avait d’ailleurs demandé l’annulation de sa tournée plus tôt cette année. Sa réponse tient en une phrase. « Les combats féministes sont très importants, mais dans mon histoire, j’ai été innocenté. »
Un spectacle qui raconte tout
Sur scène, Ary Abittan ne contourne pas ce qu’il a vécu. Il préfère en faire matière, presque outil de reconstruction. « Ne pas en parler aurait été étrange », dit-il. Il évoque la garde à vue avec une ironie presque sèche. « Vous avez vu comme j’ai maigri ? J’ai pas repris depuis la garde à vue. Je me suis cru dans Fort Boyard », lâche-t-il, déclenchant rires et silences mêlés.
La salle écoute, rit parfois, retient son souffle aussi. On sent qu’il teste, qu’il jauge, qu’il reconquiert.
Quelle suite pour lui ?
Son retour ne fait pas l’unanimité et il le sait. Mais Ary Abittan avance. « Tout ça est fini, j’avance maintenant. »
La phrase clôt l’entretien, comme on referme un chapitre sans promettre que les pages suivantes seront simples, mais avec l’envie de continuer.





