Soixante ans plus tard, le brouillard n’a toujours pas levé sur l’affaire Saint-Aubin. Un matin de juillet 1964, sur une route tranquille près de Fréjus, dans le Var, une Volvo noire et blanche s’écrase violemment contre un platane.
À l’intérieur, deux jeunes Bourguignons : Jean-Claude Saint-Aubin, 23 ans, et Dominique Kaydasch, 16 ans. Bilan du drame, deux morts, deux familles anéanties… et très vite, une odeur de mystère qui rôde autour de cette histoire de plus en plus louche.
Une histoire très simple… à priori
À l’époque, la police classe l’affaire rapido « excès de vitesse, route glissante, accident tragique mais banal. » Sauf que très vite, tout pue la bavure dissimulée.
Premier détail qui dérange beaucoup, Jean-Claude Saint-Aubin n’était pas le premier venu au volant. Pilote expérimenté, membre d’une fédération automobile, il connaissait son bolide par cœur, c’est quand-même bizarre qu’il perde le contrôle aussi facilement ?
Ensuite, un témoin affirme avoir vu un camion militaire barrer la route juste avant le crash, suivi d’une Peugeot noire à l’allure pas très civile, mais ce témoin, on le fait taire rapidement.
Le début d’une mascarade judiciaire
Quand les enquêteurs demandent à consulter les registres du camp militaire tout proche, comme par hasard, les pages du 5 juillet 1964 ont disparu. Déchirées, envolées, magie noire de l’administration française, à partir de là, tout sent la petite opération montée de toute pièce.
Le truc le plus glaçant ? Une hypothèse qui tient la route : Jean-Claude aurait été confondu avec un autre passager attendu sur cette route, un ancien de l’OAS, Jean Méningaud.
Même profil de voiture, même plaque suisse… sauf que ce jour-là, ce n’était pas lui dans l’habitacle. Résultat, un double meurtre maquillé en accident, deux jeunes victimes et aucun responsable pour répondre.
Une famille prête à tout pour rétablir la vérité
La famille Saint-Aubin ne lâche rien pendant des décennies. Procès après procès, ils dénoncent la mascarade mais leurs recours sont systématiquement enterrés sous des tonnes de paperasse et de délais absurdes.
À la fin, en 1990, l’État leur file un chèque pour « mauvais fonctionnement de la justice« . Pas pour reconnaître un crime d’État, mais juste pour les faire taire.
Une vérité connue, officieusement
Aujourd’hui encore, François Saint-Aubin, frère de Jean-Claude, se bat pour obtenir la vérité. Le temps passe, les témoins se taisent, certains meurent, d’autres oublient.
Un raté tragique, ou un crime d’État camouflé à jamais ? Officiellement, cette histoire ne connaîtra probablement jamais de dénouement, mais officieusement, tout le monde connaît la vraie histoire de l’affaire Saint-Aubin.





