L’Algérie s’est exprimée ce samedi 11 janvier à l’affaire de l’influenceur qu’elle avait refoulé à l’aéroport d’Alger suite à son expulsion jeudi dernier par la France. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a expliqué les raisons de cette décision.
Une décision qui avait exacerbé Paris. Vendredi 10 janvier, le ministre de l’Intérieur français n’a en effet pas mâché ses mots pour dénoncer le renvoi de l’influenceur algérien. Dénommé « Doualemn », celui-ci a été arrêté en début de semaine à Montpelier suite à une vidéo qu’il avait posté sur Tiktok et dont les proposé ont été jugés « haineux» par les autorités françaises.
« J’ai pris un arrêté d’expulsion et les autorités algériennes n’ont pas voulu le laisser débarquer sur le sol algérien en contradiction totale avec les règles », a dénoncé ainsi Bruno Retailleau. Et d’ajouter: « on a atteint avec l’Algérie un seuil extrêmement inquiétant ».
Alger refuse d’accueillir un influenceur renvoyé par la France : Paris exacerbé
Pour le ministre de l’Intérieur français «la France ne peut pas supporter cette situation », appelant « évaluer tous les moyens qui sont à notre disposition vis-à-vis de l’Algérie » afin de « défendre nos intérêts ».
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé de son côté qu’il n’y avait « d’autres possibilités que de riposter » si « les Algériens continuent cette posture d’escalade. Le même ministre a brandit la menace de réduire de nombre de visa octroyés pour les Algériens.
Alger apporte ses vérités
La réaction d’Alger ne s’est pas faite attendre suite à ces déclarations. Ce samedi 11 janvier, le ministère des Affaires étrangères s’est exprimé en effet sur le sujet en apportant ses vérités.

« Le ressortissant objet de l’expulsion vit en France depuis 36 ans. Il y dispose d’un permis de séjour depuis 15 ans. Il est père de deux enfants nés de son union avec une ressortissante française. Enfin, il est socialement intégré dans la mesure où il exerce un emploi stable depuis 15 ans », a ainsi expliquait le MAE dans son communiqué.
Evoquant une « expulsion arbitraire et abusive », le département d’Ahmed Ataf accuse Paris d’avoir violé les « dispositions pertinentes de la Convention consulaire algéro-française du 25 mai 1974 ».
Pour les autorités algériennes « la partie française n’a cru devoir informer la partie algérienne ni de l’arrestation, ni de la mise en garde à vue, ni de la détention, ni encore de l’expulsion du ressortissant en cause. Bien plus, elle n’a pas donné suite à la demande de la partie algérienne d’exercer sa protection consulaire au profit du ressortissant concerné à travers le droit de visite », explique encore le communiqué, cité par le site algérien Tout sur l’Algérie (TSA).
L’extrême droite française pointée du doigt
Par ailleurs, le ministère des Affaires étrangères a tenu à dénoncer « une extrême droite revancharde et haineuse (…) qui mène actuellement une campagne de désinformation, voire de mystification.
Pour lui, « c’est bel et bien l’extrême droite et ses représentants qui veulent imposer à la relation algéro-française leurs vues faites de velléités d’intimidation, de menace et d’un bras de fer dont ils parlent sans retenue et sans nuances contre l’Algérie », indique la même source.





