Chaque année, à l’approche du mois de ramadan, la France accorde des visas à des imams étrangers, notamment algériens, pour accompagner les fidèles dans leurs prières. Mais cette fois-ci, cette tradition fait beaucoup parler. L’extrême droite est en colère et attaque le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.
Une pratique ancienne, mais critiquée
L’information a été révélée par le journal Marianne avant d’être confirmée par le gouvernement. Comme chaque année, des imams vont venir en France pendant quelques semaines pour animer les prières du ramadan dans certaines mosquées. Ils repartiront ensuite.
Pour le ministère de l’Intérieur, il n’y a rien de nouveau. Cette pratique existe depuis des décennies et permet aux fidèles de vivre leur mois sacré dans de bonnes conditions. Mais pour certains hommes politiques, surtout à droite et à l’extrême droite, cette décision est un problème.
L’extrême droite attaque Retailleau
Plusieurs figures de l’extrême droite ont vivement réagi. Jean-Philippe Tanguy, député du parti L’Avenir Français, accuse Retailleau de « mentir » et de ne pas tenir ses promesses. Laurent Jacobelli, du Rassemblement National, critique le ministre en disant qu’il est incapable d’expulser les influenceurs algériens mais qu’il laisse entrer des imams.
Éric Ciotti, leader du nouveau parti d’extrême droite Union des droites pour la République, va encore plus loin. Il demande à Retailleau d’«agir ou de démissionner». Selon lui, le gouvernement est trop faible sur la question de l’immigration et doit être plus ferme.
Retailleau se défend
Face aux critiques, Bruno Retailleau a réagi sur le réseau social X (anciennement Twitter). Il rappelle que l’arrivée des imams est strictement encadrée et que cette pratique existe depuis longtemps. Il explique aussi que ces religieux ne restent en France que le temps du ramadan et repartent après.
Retailleau veut montrer qu’il reste ferme sur la question de l’immigration. Il affirme continuer à lutter contre l’islamisme radical et à renforcer le sentiment d’appartenance des musulmans à la France. Mais il précise aussi qu’il ne veut pas empêcher les croyants de pratiquer leur religion librement.
« La fermeté migratoire, ce n’est pas dire et faire n’importe quoi », écrit-il. Il ajoute qu’en France, on peut être un bon citoyen tout en étant un croyant sincère.
Une polémique dans un climat tendu
Cette affaire arrive alors que les relations entre la France et l’Algérie sont déjà compliquées. L’expulsion ratée d’un Algérien sous OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) a provoqué de vives tensions entre les deux pays. Et récemment, un homme sous OQTF a commis une attaque au couteau à Mulhouse, ce qui a encore aggravé le débat sur l’immigration.
Pour l’instant, le gouvernement maintient sa position : les imams étrangers viendront comme prévu.





